Victor a également insisté sur ce dernier aspect : Les Békés auraient ainsi réussi à maintenir leurs terres sans qu’elles soient divisées en de multiples petites parcelles. Car même si l’on me tolérait dans certaines réunions, certains m’ont fait comprendre que je n’étais pas le bienvenu, que je n’avais pas la bonne couleur. Ce vendredi 26 juin, le site de La 1ère, une antenne de France Télévisions à la Réunion, relaie la tribune d’un certain Guy Lordinot, député PS de Martinique de 1988 à 1993. par exemple Bernabé et al., 1989). Ce groupe est en réalité très hétérogène et dynamique – contrairement aux deux autres groupes – tant au point de vue de sa composition ethnique que des positions sociales. cit. ou konprann sé fòt a-y ? On peut constater des attitudes similaires chez les Mulâtres, la bourgeoisie de couleur. […] Les Békés ne veulent pas que les Nègres viennent dans leurs pieds. C’était ce qu’on nous avait légué. [6] Ce terme est strictement émique, c’est pourquoi j’ai choisi de le mettre entre guillemets. L’évocation de cette histoire commune, fondatrice de l’identité créole contemporaine, doit constituer une nouvelle étape vers une meilleure reconnaissance mutuelle de tous ceux qui vivent à la Martinique et sont, ensemble, les acteurs de son devenir. Même parmi nous, on commence déjà à les regarder comme des dinosaures, même nous, […] sous réserve que le reste de la population nous accepte bien sûr comme on est, […] s’il n’y a pas d’aigreur, s’il n’y a pas de jalousie inutile, enfin. Et puis, elle demande l’adresse et tout… « Cap Est ». Il en parle spontanément à la fin de l’entretien : Quant à Catherine, elle parle du « poids d’être Békés », de la « culpabilité d’être le méchant » et d’une grande souffrance liée à cela : On a l’impression qu’on nous refuse la justification d’être ici. Il n’y aura jamais de racisme anti béké en terre de Martinique, en tout cas jamais sur une grande échelle, il y aura parfois des mutineries, comme quelquefois par le passé. Les Blancs créoles sont les descendants des premiers colons. Mais la plupart des Indiens restèrent : seulement environ 4 000 furent rapatriés [15]. « de montrer que dans notre culture martiniquaise, il y a une dimension indienne qui doit être connue par l’ensemble de la population martiniquaise. De ce fait, « le souci de soustraire l’élément féminin de la catégorie blanche à toute éventualité de mésalliance, sous quelque forme qu’elle puisse se produire », constitue le principal enjeu de ce système d’interdits et de règles implicites (Leiris, 1955 : 130). Mais ensuite, ils ont été transmis par héritage ou vendus, donc cédés légalement, ce qui fait qu’aujourd’hui, ces titres sont bien réels et les personnes concernées n’hésitent pas à les faire valoir. Bon, ce ne sont pas des choses qu’il faut revendiquer, ce n’est pas politiquement correct. Dans le secteur de la grande distribution, le groupe exploite des hypermarchés sous l’enseigne « Carrefour », des magasins de bricolage (« Mr. Bricolage » et de sport (« Décathlon »). Je ne sais pas pourquoi, mais bon, c’est comme ça. je ne sais pas s’il faut que je le dise… c’est vrai que de conserver, de garder les races entre elles – je crois que ça ne sera pas dans l’air du temps – mais pourquoi pas à la limite ? Pourtant, nous sommes tous martiniquais… c’est vraiment rare ! Le Mulâtre c’est vraiment… c’est une connotation […] sociale, et surtout, éco… enfin physique, économique, donc sociale en somme. [21] Autrefois, lorsque les femmes accouchaient, on enterrait le cordon ombilical sur le terrain de la famille. « régi par un principe que l’on peut rapprocher de celui des vases communicants : un individu qui veut faire un mariage « avantageux » doit gagner par sa position sociale ce qu’il perd du fait de son appartenance raciale (s’il est « coloré ») ou gagner par son appartenance raciale ce qu’il perd du fait de sa position sociale (s’il est pauvre, mais clair) » (Giraud, « Toutes les relations entre les Indiens et les Créoles ont commencé par graviter autour d’un complexe triangulaire : l’humiliation, la dette et l’accusation. Vivre en Guyane . En réalité, peu de migrants du Moyen-Orient repartirent. Mais le flux migratoire a toujours été continu, même à une moindre échelle. Il convient de préciser que la majorité des Indiens migrants étaient des individus hors-castes ou appartenaient à des castes inférieures. Cependant, mes informateurs blancs créoles se désignent eux-mêmes comme « Békés ». Ils ont tout fait pour nous chasser. Une fois, j’étais avec ma troisième fille chez une orthophoniste […]. Ainsi, les Indiens, surnommés « coolies », devinrent objets de mépris et furent soumis aux pires humiliations (Affergan, 2006 : 38).

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Sais pas trop s’il faut donner une réponse à ce genre de réponse... ou alors « Neeeeeeeeeeeeeeee ! Non, je crois qu’il y a des Békés qui investissent […], qui sont impliqués dans le système martiniquais. En conséquence, des projets de création d’un système de transports en commun efficace sont en train d’être étudiés, mais auxquels se heurtent les intérêts des négociants d’automobiles. Le chlordécone est un pesticide organochloré de la famille du DDT qui est aujourd’hui interdit dans de nombreux pays. Ensuite, nous nous intéresserons rapidement à un troisième groupe de migrants, arrivés un peu plus tard et par leur propre volonté. Ces Blancs pauvres dépendaient des Blancs plus riches, tenant par-dessus tout à leur statut de « Blanc », puisqu’à ce niveau de l’échelle sociale, ils n’avaient aucune supériorité économique. Ils ont fait allégeance au Maréchal Pétain alors qu’il y avait possibilité de rejoindre la France libre, le Général De Gaulle etc. [C’est] très important parce que je réunis ma famille… ma famille au sens large, je m’efforce de la rassembler une fois par an chez moi, parce que je trouve [que] c’est bien de montrer les uns et les autres, les membres de la famille que je ne vois pas tout le temps. Je vis aux Antilles et en Guyane depuis ma naissance. Ca depend un peu de la region ou tu comptes aller et tes qualifications professionelles. Mais vous êtes une Békée alors ? Du côté des autres composantes de la population martiniquaise – une population très métissée – les attitudes et les représentations sont très contrastées et souvent ambivalentes. Donc, je suis un feuillage universel, je m’étends sur le monde entier, mais mes racines sont profondément ancrées en terre indienne. Cependant, il constitue une véritable élite intellectuelle et politique. C’est pour cela que j’ai écrit qu’on ne saurait confondre la polémique du prétendu racisme anti blanc en Métropole d’avec le non moins prétendu racisme anti béké en Martinique. Autour de moi en tous cas, j’essaie d’avoir le plus de transparence […], de donner une image de moi qui soit… de moi et de ma famille en tous les cas… une image qui soit une image d’abord constructive : des gens dynamiques… je veux dire on est accessibles : ici, mon bureau est ouvert, les gens débarquent, mes collaborateurs viennent ici, ils ouvrent la porte […]. Des îles créoles aux sociétés plurielles. Mais dans son sens le plus ancien, le colon qui est venu dans un pays qui était étranger, totalement étranger – dans tous les sens du terme – et cette appartenance à une filiation colonne, colonisatrice, pas dans le sens de venir sur la terre des autres parce que dans la mesure où il n’y a plus d’Amérindiens, il n’y pas de honte à avoir été colon. Toutefois, elle est bien consciente que cela ne reste que des paroles et qu’elle pourrait réagir tout autrement si elle était confrontée à une telle donne. Par ailleurs, si depuis 1998, à l’occasion du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, certaines personnalités békées ont tenté un rapprochement avec la population de couleur, en se ralliant aux commémorations, dans les faits, la communauté békée dans sa majorité, vit toujours largement refermée sur elle-même, étant réfractaire aux unions mixtes et au métissage. Rapport parlementaire du 30 juin 2005 sur les effets du chlordécone. Je parle du racisme structurel sur lequel est basé son identité. Ils sont généralement perçus comme laids. Au point de vue linguistique, ces migrants sont en général francophones, ce qui a favorisé leur établissement dans les îles. Vrai…. Le 17 décembre 2001, Bernard Hayot, « symbole de la puissance békée » [25], invita Aimé Césaire à l’habitation Clément dont il est le propriétaire actuel. Et puis, il y a des Békés capitalistes : ce qui les intéresse, c’est d’avoir une certaine paie pour investir, et le reste… j’en sais rien. Vocabulaire historique et critique des relations inter-ethniques, n° 6-7, Paris, L’Harmattan, p. 111-113. Entre « Noirs » et Mulâtres (à l’exception des Grands Mulâtres), les frontières paraissent plus souples. Ils s’adressaient à un autre panthéon, un autre univers de saints et de saintes, plus proche de leurs préoccupations quotidiennes, qui s’incarnait dans des divinités locales, des dieux et déesses de villages. Je me rends compte que les mots qui résonnent dans le monde et qui disent « Martinique » sont indiens. [47] L’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) parle de problèmes neurologiques (irritabilité, tremblements, troubles de la vision, céphalées), d’effets toxiques sur le foie, de délétion de la spermatogenèse, de néphrotoxicité (atteinte rénale). […] Si on n’a pas de racines, on n’est rien. […] Il y a de l’hostilité […] peut-être parce que les personnes qui sont trop claires de peau en Martinique, c’est synonyme de richesse, d’argent – ce qui est complètement débile – donc, ça suscite des jalousies, alors que je n’ai pas plus d’argent que d’autres. Lucien, 43 ans, Le Lamentin, 27 novembre 2003. Il y a deux faits importants dans l’histoire de la Martinique qui montrent que ces gens-là ne sont pas des Français, ils sont là où sont leurs intérêts. […] Et leurs grandes robes, c’étaient des saris […]. Et des meilleures terres. Aujourd’hui, on constate que les stéréotypes et les préjugés attachés à la couleur de peau et aux catégories « raciales », lesquels sont en réalité des catégories émiques, sont toujours extrêmement opérants. Title : La hiérarchie « socio-raciale » en Martinique - Entre persistances postcoloniales et évolution vers un désir de vivre ensemble Résumé : La société martiniquaise reste jusqu’à l’heure actuelle marquée par une stratification « socio-raciale » singulière qui a été créée au début de l’époque esclavagiste. On peut souligner la forte prédominance masculine de cette population, qui provoqua bien évidemment dès le départ le contact et le métissage avec la population martiniquaise. [40] Cf. Le seul mariage valorisant ne pouvait avoir lieu qu’avec une Blanche mais un tel mariage hyper-gamique était inaccessible (Cardin, 1990 : 160). Ils gagnaient ainsi la confiance du Béké, et beaucoup d’Indiens devinrent des géreurs d’habitation. On peut constater des attitudes similaires chez les Mulâtres, la bourgeoisie de couleur. Les Békés ont eu la mainmise pendant très longtemps sur l’économie martiniquaise. Le groupe des « Noirs » constitue la grande majorité de la population martiniquaise. Les luttes nationalistes ou indépendantistes, à forte connotation socio-raciale, ne semblent pas modifier le paysage social de la Martinique. Quoi qu’il en soit, les indépendantistes restent tenaces dans leur position, à l’instar de certains informateurs, militants ou sympathisants indépendantistes : Mais en réalité, cette redistribution des terres et des richesses ne pourra se réaliser qu’à travers une véritable révolution des structures sociales, comme le constate Natacha : Il est difficile de penser que cette révolution espérée par Natacha et d’autres pourrait se passer en douceur, à moins qu’elle ne soit extrêmement lente et progressive. Pour décrire cette hiérarchie, je m’appuie sur les enquêtes menées par Edith Kováts Beaudoux, tout en tenant compte du fait que ces enquêtes datent d’une quarantaine d’années. Ils se sont réfugiés dans le giron de l’Angleterre pour pouvoir profiter de tous leurs avantages. C’est quelque chose qui relève de la situation de l’esclavage.

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